Contre une tendance à traquer le moindre trouble du comportement chez les tout-petits, la neurobiologiste Catherine Vidal et la psychologue Sylviane Giampino dénoncent les idées reçues.
« Faut-il dépister les « troubles des conduites » chez les enfants de moins de 3 ans pour prévenir la délinquance de l’adolescent ? En 2005, la question posée par un rapport de l’Inserm avait déchaîné les passions.
Pédopsychiatres, enseignants et parents, les signataires de la pétition Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans avaient dénoncé en nombre des méthodes répressives, sans autre effet que d’enfermer les enfants dans un pronostic de délinquance. Si le débat n’occupe plus aujourd’hui le devant de la scène, les inquiétudes n’ont pas disparu. Car les méthodes préconisées par l’Inserm suivent leur chemin. Des instituteurs font état de questionnaires à remplir, à la demande du rectorat, sur la conduite des enfants, avant la visite médicale de maternelle. En 2008, un test de l’Éducation nationale visant à mesurer les compétences linguistiques en fin de primaire comprenait des questions sur l’attitude des enfants en classe et leur vie familiale. Alors à l’état d’expérience pilote, il a depuis été annulé.
Ce qui n’empêche pas Sylviane Giampino, psychologue et psychanalyste, et Catherine Vidal, neurobiologiste directrice de recherche à l’institut Pasteur, de tirer la sonnette d’alarme. Elles viennent de publier ensemble Nos enfants sous haute surveillance (Albin Michel). Une démarche originale, où les arguments de la scientifique et de la psychologue se nourrissent, pour défendre la « prévention-protection » à la française. »
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